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La parentalité positive : que signifie-t-elle vraiment ?

  • Photo du rédacteur: Mélody Aknine
    Mélody Aknine
  • 23 mars
  • 4 min de lecture
famille

Un concept à la fois attirant… et parfois déroutant


Depuis quelques années, la parentalité positive est devenue un terme très présent dans les discussions autour de l’éducation. Livres, réseaux sociaux, podcasts… les conseils se multiplient, et avec eux, parfois, une certaine confusion.

Beaucoup de parents que je rencontre me disent : « J’ai envie de faire au mieux pour mon enfant, mais j’ai l’impression qu’on me demande d’être parfait » ou encore « Est-ce que ça veut dire ne plus poser de limites ? ».

Face à ces interrogations, il est essentiel de revenir à l’essentiel : la parentalité positive ne vise pas la perfection, mais une relation plus ajustée, plus consciente et plus respectueuse des besoins de chacun.


Entre idées reçues et réalité


La parentalité positive repose sur une meilleure compréhension du développement de l’enfant, notamment sur le plan émotionnel et cérébral. Les recherches en neurosciences affectives, portées entre autres par Catherine Gueguen, montrent que le cerveau de l’enfant est encore immature, en particulier dans sa capacité à gérer ses émotions et ses impulsions.

Ainsi, un enfant qui crie, pleure ou s’oppose ne cherche pas à provoquer, mais exprime souvent une émotion qu’il ne parvient pas encore à réguler. Comprendre cela change profondément le regard que l’on porte sur ses comportements.


Cependant, la parentalité positive est parfois mal interprétée. Elle est parfois associée à une éducation sans cadre, sans frustration ou sans limites. Or, cette vision est éloignée de la réalité. Comme le souligne Isabelle Filliozat, un enfant a besoin de limites pour se sentir en sécurité.

Sans cadre, l’enfant peut se sentir perdu, envahi par ses émotions, et avoir du mal à se repérer. À l’inverse, un cadre trop rigide ou basé sur la peur peut freiner son développement émotionnel et altérer la relation parent-enfant.

L’enjeu de la parentalité positive est donc de trouver un équilibre entre fermeté et bienveillance, entre cadre et compréhension.


Conseils pratiques et solutions : comment appliquer la parentalité positive au quotidien ?


  1. Comprendre les comportements de l’enfant avant de réagir

    Derrière un comportement difficile se cache souvent une émotion ou un besoin non exprimé. Prendre le temps de se demander « pourquoi » permet de répondre de manière plus adaptée.

  2. Accueillir les émotions sans forcément accepter tous les comportements

    Dire « je comprends que tu sois en colère » ne signifie pas accepter que l’enfant tape ou crie. Cette distinction est essentielle pour poser un cadre tout en respectant l’émotion.

  3. Poser des limites claires et cohérentes

    Les règles sont nécessaires et rassurantes. Elles doivent être simples, constantes et expliquées. Un cadre clair aide l’enfant à se repérer et à se sentir en sécurité.

  4. Éviter les réactions basées sur la peur ou l’humiliation

    Les cris, les menaces ou les punitions humiliantes peuvent stopper un comportement sur le moment, mais fragilisent la relation et l’estime de soi sur le long terme.

  5. Valoriser les efforts et les progrès

    Mettre en lumière les petites réussites renforce la motivation et la confiance en soi. L’enfant apprend progressivement à adopter des comportements adaptés.

  6. Accepter de ne pas être un parent parfait

    Beaucoup de parents ressentent une pression importante à « bien faire ». Or, comme le rappelait Donald Winnicott avec le concept de « parent suffisamment bon », ce n’est pas la perfection qui compte, mais la capacité à être présent, cohérent et à réparer lorsque cela est nécessaire.

  7. Se faire accompagner si besoin

    Lorsque les difficultés persistent ou que le quotidien devient trop tendu, consulter un professionnel peut aider à prendre du recul et à ajuster sa posture.


Une posture plus qu’une méthode


La parentalité positive n’est pas une recette à appliquer parfaitement, ni un modèle rigide à suivre. C’est une posture qui repose sur la compréhension du développement de l’enfant, l’écoute des émotions et la mise en place d’un cadre sécurisant.

Elle invite les parents à ajuster leurs réactions, à prendre du recul et à cultiver une relation basée sur la confiance et le respect.

Avec le temps, les petits ajustements du quotidien peuvent avoir un impact profond sur le développement émotionnel de l’enfant et sur la qualité du lien familial.

Si ce sujet vous parle, je vous encourage à tester progressivement ces pistes, sans pression, en observant ce qui fonctionne pour vous et votre enfant. Et si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans ce cheminement.


Pour aller plus loin

Livres

  • Catherine Gueguen — Pour une enfance heureuse

  • Isabelle Filliozat — Il n’y a pas de parent parfait

  • Daniel Siegel — Le cerveau de votre enfant

  • Donald Winnicott — Jeu et réalité

Podcasts

  • La Matrescence — parentalité et développement de l’enfant

  • Les adultes de demain — éducation et neurosciences

  • Papatriarcat — réflexions autour de la parentalité

Sites et ressources

  • Psycom.fr — ressources sur le développement émotionnel

  • Naître et Grandir — conseils pratiques pour les parents


Sources scientifiques

  • Gueguen, C. (2014). Pour une enfance heureuse.

  • Siegel, D. J., & Bryson, T. P. (2012). The Whole-Brain Child.

  • Winnicott, D. W. (1971). Jeu et réalité.

  • Filliozat, I. (2019). L’intelligence du cœur.

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