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Le développement de l’empathie chez l’enfant

Photo du rédacteur: Mélody AknineMélody Aknine

L’em


empathie enfant


L'empathie est une compétence essentielle qui permet de comprendre et de ressentir les émotions des autres. Elle est au cœur des relations sociales et favorise la bienveillance, la coopération et la résolution pacifique des conflits.

Contrairement à une idée reçue, l’empathie n’est pas innée de manière complète : elle se développe progressivement tout au long de l’enfance, influencée par l’environnement familial, les interactions sociales et l’éducation. En tant que parents, il est possible de favoriser cette capacité en offrant à l’enfant des modèles, des expériences et des encouragements adaptés.

Dans cet article, nous allons explorer les étapes du développement de l’empathie chez l’enfant et proposer des conseils concrets pour l’aider à devenir un individu attentif aux autres et capable de tisser des relations harmonieuses.

L’empathie : une capacité qui se construit avec l’âge


Le développement de l’empathie repose sur des mécanismes cognitifs et émotionnels qui évoluent progressivement. Selon les recherches de Jean Piaget, l’enfant passe par différentes phases avant de pouvoir véritablement se mettre à la place d’autrui. D’autres psychologues, comme Daniel Goleman et Martin Hoffman, ont également étudié comment l’empathie se construit au fil des années.


1. L’empathie précoce (0-2 ans) : les bases émotionnelles


Dès les premières semaines de vie, le bébé est capable de réagir aux émotions de son entourage. Il pleure lorsqu’il entend un autre bébé pleurer et sourit en réponse aux expressions joyeuses des adultes. Cette réaction, appelée "contagion émotionnelle", n’est pas encore une véritable empathie, car le bébé ne différencie pas ses propres émotions de celles des autres.

Au fil des mois, il commence à percevoir que les autres ont des états émotionnels distincts des siens. Vers 18-24 mois, il peut montrer des premiers signes d’empathie en essayant de consoler un proche triste, par exemple en lui offrant son doudou.


2. L’empathie égocentrique (2-4 ans) : la compréhension émotionnelle débute


À cet âge, l’enfant reconnaît que les autres ressentent des émotions, mais il a encore du mal à se détacher de son propre point de vue. Il peut croire que tout le monde ressent les choses comme lui. Par exemple, s’il aime un jouet, il peut penser que tout le monde devrait l’aimer aussi.

C’est aussi la période où il commence à poser des questions sur les émotions et à développer un vocabulaire émotionnel. Les parents jouent ici un rôle clé en l’aidant à nommer et comprendre ce qu’il ressent et ce que ressentent les autres.


3. L’empathie plus développée (4-7 ans) : la prise de perspective


Vers 4-5 ans, l’enfant comprend que chaque personne a ses propres émotions, pensées et désirs. Il devient capable d’adapter ses comportements en fonction des émotions des autres.

C’est aussi l’âge où il commence à mieux gérer ses propres émotions et à faire preuve de plus de patience et de compréhension. Il peut consoler un ami en détresse en lui parlant doucement ou en lui proposant un câlin, même s’il ne ressent pas lui-même de tristesse à ce moment-là.


4. L’empathie mature (7 ans et plus) : la compréhension des émotions complexes


À partir de 7 ans, l’enfant est capable de comprendre que les émotions peuvent être influencées par des situations spécifiques et que quelqu’un peut ressentir plusieurs émotions en même temps (par exemple, être à la fois heureux et inquiet).

Il devient également plus sensible aux injustices et aux émotions des personnes qu’il ne connaît pas directement. C’est le moment où il peut commencer à développer un sens moral plus approfondi et à s’engager dans des actions altruistes (partager, défendre un camarade, aider un plus jeune).


Comment encourager l’empathie chez l’enfant ?


1. Montrer l’exemple au quotidien


Les enfants apprennent principalement par imitation. S’ils grandissent dans un environnement où l’empathie est valorisée, ils auront plus de facilité à la développer eux-mêmes.

  • Exprimer ses propres émotions de manière saine : dire « Je suis triste aujourd’hui parce que j’ai eu une mauvaise nouvelle » aide l’enfant à comprendre que les émotions sont naturelles.

  • Montrer de l’empathie dans les interactions quotidiennes : écouter avec attention, poser des questions sur les émotions des autres et faire preuve de bienveillance dans les relations familiales.

  • Valoriser les actes de gentillesse : encourager et féliciter l’enfant lorsqu’il fait preuve d’attention envers autrui.


2. Encourager l’expression des émotions


Un enfant qui sait identifier et verbaliser ses émotions aura plus de facilité à comprendre celles des autres.

  • Utiliser des livres et des histoires pour parler des émotions (par exemple, Le monstre des couleurs d’Anna Llenas).

  • Poser des questions ouvertes : « Comment penses-tu que ton ami s’est senti quand tu as pris son jouet ? »

  • Jouer à des jeux de rôle où l’enfant doit exprimer différentes émotions et imaginer comment les autres peuvent ressentir les choses.


3. Favoriser la prise de perspective


Aider l’enfant à se mettre à la place des autres est un excellent moyen de développer son empathie.

  • Encourager l’enfant à observer les expressions des autres : « Regarde son visage, comment crois-tu qu’il se sent ? »

  • Discuter des émotions des personnages dans les films ou les livres : « Pourquoi crois-tu que ce personnage est en colère ? »

  • Expliquer les conséquences des actions sur les autres : « Quand tu cries sur ton frère, il se sent triste. Comment pourrais-tu lui parler autrement ? »


4. Valoriser les gestes de gentillesse


L’empathie se renforce lorsqu’elle est pratiquée régulièrement.

  • Proposer des petites missions d’entraide : aider à ranger, consoler un ami, faire un dessin pour quelqu’un.

  • Féliciter l’enfant lorsqu’il agit avec bienveillance : « C’était très gentil de prêter ton jouet à ton amie, elle avait l’air contente ! »

  • Encourager la gratitude : dire merci, reconnaître les gestes gentils des autres et en parler ensemble.


5. Limiter l’exposition à des comportements négatifs


L’environnement de l’enfant influence son développement. Une surexposition à la violence, que ce soit à la maison ou à travers les écrans, peut freiner le développement de l’empathie.

  • Privilégier les contenus adaptés qui valorisent la coopération et l’entraide.

  • Expliquer que les comportements agressifs ont des conséquences sur les émotions des autres.

  • Encourager des activités qui stimulent l’empathie, comme le jeu coopératif, le théâtre ou les histoires interactives.


Conclusion


L’empathie est une compétence précieuse qui permet aux enfants d’établir des relations harmonieuses et de mieux comprendre le monde qui les entoure. Elle se construit progressivement et nécessite un accompagnement bienveillant des parents.

En montrant l’exemple, en encourageant l’expression des émotions et en valorisant les gestes de gentillesse, nous pouvons aider les enfants à devenir des individus attentifs et respectueux des autres. L’empathie ne se résume pas à un sentiment : c’est une compétence qui s’entraîne au quotidien et qui, bien cultivée, contribue à un monde plus solidaire et humain.


Ressources pour aller plus loin


Livres

  • Daniel Goleman, L’Intelligence émotionnelle (sur l’importance de l’empathie dans la réussite sociale).

  • Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions de l’enfant (sur la compréhension et l’accompagnement des émotions).

  • Martin Hoffman, Empathy and Moral Development (sur le lien entre empathie et développement moral).

Podcasts

  • « Développer l’empathie chez son enfant : conseils pratiques »

  • « L’éducation bienveillante et l’apprentissage des émotions »


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