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Faut-il craindre les mauvaises notes ? Aider son enfant à relativiser

  • Photo du rédacteur: Mélody Aknine
    Mélody Aknine
  • il y a 7 jours
  • 4 min de lecture
mauvaise note

Quand une note devient une source de stress


Une mauvaise note peut parfois provoquer de fortes réactions émotionnelles, aussi bien chez l’enfant que chez ses parents. Déception, inquiétude, colère, peur de l’avenir… Beaucoup de parents me confient se sentir démunis face aux résultats scolaires de leur enfant, oscillant entre le désir de le motiver et la crainte de le décourager. Dans une société où la réussite scolaire occupe une place importante, les notes peuvent rapidement être perçues comme un indicateur de valeur personnelle. Pourtant, apprendre à relativiser les mauvaises notes est essentiel pour préserver la confiance en soi de l’enfant et soutenir son engagement dans les apprentissages.


Pourquoi les mauvaises notes peuvent-elles être si difficiles à vivre ?


Pour l’enfant, la note n’est pas toujours qu’un simple chiffre. Elle peut être vécue comme un jugement sur ses capacités, voire sur sa valeur personnelle. Selon Carol Dweck, psychologue spécialisée dans la motivation, les enfants qui développent un état d’esprit fixe ont tendance à penser que leurs compétences sont immuables. Une mauvaise note devient alors la preuve qu’ils « ne sont pas bons », ce qui peut entraîner découragement, évitement ou anxiété scolaire.

À l’inverse, lorsque l’enfant est encouragé à adopter un état d’esprit de développement, il comprend que les erreurs font partie du processus d’apprentissage. La note devient une information, non une condamnation.

Les attentes parentales, même implicites, jouent également un rôle majeur. Un enfant peut ressentir une forte pression à réussir pour faire plaisir à ses parents ou éviter de les décevoir. Lorsque cette pression est trop importante, elle peut nuire à la motivation, au plaisir d’apprendre et à l’estime de soi. Si les mauvaises notes ne sont pas accompagnées de manière bienveillante, elles peuvent contribuer à une perte de confiance durable et à un rapport anxieux à l’école.


Conseils pratiques et solutions : aider son enfant à relativiser les mauvaises notes


1. Séparer la note de la valeur de l’enfant

Il est fondamental de rappeler à l’enfant qu’une note ne définit ni son intelligence ni sa valeur. Une mauvaise note reflète une performance à un moment donné, dans un contexte précis, et non l’ensemble de ses capacités. Des phrases comme « cette note parle d’un contrôle, pas de toi » aident l’enfant à prendre de la distance et à préserver son estime de soi.


2. Accueillir les émotions liées à l’échec

Déception, tristesse, colère ou honte sont des émotions fréquentes après une mauvaise note. Les minimiser ou les balayer (« ce n’est pas grave », « ce n’est qu’un contrôle ») peut empêcher l’enfant de se sentir compris. Accueillir ces émotions permet à l’enfant de les traverser plus sereinement. Selon Isabelle Filliozat, reconnaître l’émotion est une étape essentielle pour permettre au cerveau émotionnel de s’apaiser.


3. Donner du sens à la note

Plutôt que de se focaliser uniquement sur le résultat, il est utile d’analyser avec l’enfant ce que la note indique :Qu’est-ce qui a été compris ?Qu’est-ce qui reste difficile ?Quelles stratégies pourraient être améliorées ?Cette approche transforme la note en outil d’apprentissage et non en sanction.


4. Valoriser les efforts plutôt que les résultats

Les recherches de Carol Dweck montrent que valoriser l’effort, la persévérance et les stratégies utilisées favorise la motivation à long terme. Dire « tu as travaillé régulièrement » ou « tu n’as pas abandonné malgré la difficulté » aide l’enfant à comprendre que ses efforts comptent, même lorsque le résultat n’est pas à la hauteur de ses attentes.


5. Éviter les comparaisons

Comparer un enfant à ses camarades, à ses frères et sœurs ou à ses propres résultats passés peut fragiliser sa confiance. Chaque enfant apprend à son rythme et possède ses propres forces. Les comparaisons renforcent souvent la pression et le sentiment d’échec, plutôt que la motivation.


6. Redéfinir la notion de réussite

La réussite scolaire ne se résume pas aux notes. Elle inclut la curiosité, la persévérance, la capacité à demander de l’aide, à coopérer et à progresser. Aider l’enfant à élargir sa vision de la réussite permet de réduire l’impact émotionnel des mauvaises notes et de favoriser un rapport plus sain à l’école.


7. Maintenir un climat sécurisant à la maison

Un enfant doit sentir que l’amour et le soutien de ses parents ne dépendent pas de ses résultats scolaires. Ce climat de sécurité affective, mis en avant par John Bowlby, permet à l’enfant d’oser essayer, se tromper et apprendre sans peur excessive de l’échec.


8. Consulter si les difficultés scolaires deviennent source de souffrance

Lorsque les mauvaises notes s’accompagnent d’une grande anxiété, d’un découragement profond, d’un refus scolaire ou d’une perte de confiance durable, il peut être utile de consulter un psychologue. Un accompagnement permet d’explorer les causes des difficultés, d’aider l’enfant à retrouver confiance et de soutenir les parents dans leur posture éducative.


Transformer l’échec en opportunité d’apprentissage


Les mauvaises notes font partie du parcours scolaire et ne doivent pas être vécues comme une fatalité. Elles peuvent devenir de véritables leviers d’apprentissage lorsqu’elles sont accompagnées avec bienveillance et recul. En aidant leur enfant à relativiser, à comprendre ses erreurs et à valoriser ses efforts, les parents contribuent à construire une confiance solide et un rapport plus serein à l’école. Apprendre à échouer, c’est aussi apprendre à persévérer et à grandir.


Pour aller plus loin

Lectures

  • Carol Dweck — Changer d’état d’esprit

  • Isabelle Filliozat — Il n’y a pas de parent parfait

  • Philippe Meirieu — Apprendre… oui, mais comment ?

  • Catherine Gueguen — Pour une enfance heureuse

Podcasts

  • Les adultes de demain — épisodes sur l’école et la motivation

  • Change ma vie — rapport à l’échec et estime de soi

  • Parentalité Bienveillante

Sources scientifiques

  • Dweck, C. S. (2006). Mindset: The New Psychology of Success.

  • Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss.

  • Meirieu, P. (1996). Apprendre… oui, mais comment ?

  • Filliozat, I. (2013). Il n’y a pas de parent parfait.

  • Gueguen, C. (2014). Pour une enfance heureuse.


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