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Développer l’autonomie dès le plus jeune âge

  • Photo du rédacteur: Mélody Aknine
    Mélody Aknine
  • 22 déc. 2025
  • 4 min de lecture
autonomie

Pourquoi l’autonomie est-elle si importante ?


Dès les premières années de vie, l’enfant manifeste un désir naturel d’explorer, d’agir seul et de comprendre le monde qui l’entoure. « Laisse-moi faire tout seul » est une phrase que de nombreux parents entendent très tôt. Pourtant, par manque de temps, par peur que l’enfant se mette en danger ou par volonté de bien faire, il arrive que l’adulte intervienne trop rapidement. Développer l’autonomie dès le plus jeune âge ne signifie pas laisser l’enfant livré à lui-même, mais l’accompagner progressivement vers la capacité de faire seul, de penser par lui-même et de prendre confiance en ses compétences.


Comprendre les enjeux de l’autonomie chez le jeune enfant


L’autonomie est une compétence développementale qui se construit étape par étape. Selon Erik Erikson, la petite enfance est marquée par le conflit entre autonomie et honte ou doute. Lorsque l’enfant est encouragé dans ses initiatives, il développe un sentiment de compétence. À l’inverse, lorsqu’il est constamment freiné ou corrigé, il peut intégrer l’idée qu’il n’est « pas capable ».


Les travaux de Maria Montessori ont également mis en évidence que l’enfant possède une motivation intrinsèque à apprendre et à devenir autonome, à condition que l’environnement soit adapté à ses capacités. L’autonomie ne concerne pas uniquement les gestes du quotidien ; elle touche aussi la capacité à faire des choix, à exprimer ses besoins et à réguler ses émotions.


Lorsque l’autonomie n’est pas suffisamment soutenue, l’enfant peut devenir dépendant de l’adulte, manquer de confiance en lui ou hésiter à prendre des initiatives. À l’inverse, une autonomie encouragée de manière progressive favorise l’estime de soi, la persévérance et le plaisir d’apprendre.


Comment favoriser l’autonomie au quotidien


1. Adapter l’environnement à l’enfant

Pour qu’un enfant puisse faire seul, il doit évoluer dans un environnement pensé pour lui. Meubles à sa hauteur, vêtements faciles à enfiler, jouets accessibles, objets du quotidien sécurisés…Un environnement adapté permet à l’enfant d’agir sans dépendre constamment de l’adulte. Comme le soulignait Maria Montessori, « tout obstacle inutile entrave le développement de l’autonomie ».


2. Encourager les initiatives, même imparfaites

L’autonomie se construit par l’expérience. Laisser un enfant essayer, se tromper et recommencer est essentiel. Même si le geste est lent, maladroit ou imparfait, l’encouragement est plus bénéfique que la correction immédiate. Dire « tu peux essayer » ou « prends ton temps » transmet à l’enfant un message de confiance en ses capacités.


3. Respecter le rythme de développement

Chaque enfant progresse à son rythme. Certains seront autonomes très tôt dans certains domaines, plus tard dans d’autres. Comparer un enfant à ses frères, sœurs ou camarades peut fragiliser sa confiance. Respecter son rythme, c’est lui permettre d’évoluer sans pression, dans un climat sécurisant.


4. Donner des choix adaptés à l’âge

Proposer des choix simples permet à l’enfant de se sentir acteur : choisir ses vêtements entre deux options, décider de l’ordre des activités, sélectionner un livre. Ces petites décisions quotidiennes renforcent le sentiment de contrôle et favorisent la prise d’initiative.


5. Poser un cadre sécurisant

L’autonomie ne se développe pas sans cadre. Des règles claires et constantes permettent à l’enfant de se sentir en sécurité pour explorer.Le cadre n’est pas l’ennemi de l’autonomie : il en est le socle. Selon John Bowlby, la sécurité affective est une base indispensable pour que l’enfant ose s’éloigner et expérimenter.


6. Valoriser les efforts plutôt que le résultat

Plutôt que de souligner uniquement la réussite, il est important de reconnaître l’effort fourni. Cela aide l’enfant à comprendre que la valeur ne réside pas dans la perfection, mais dans l’engagement et la persévérance. Cette approche favorise une motivation durable et une meilleure estime de soi.


7. Accepter que l’autonomie prenne du temps

Encourager l’autonomie demande souvent plus de patience et de temps au départ. Laisser l’enfant faire seul est parfois plus long que de faire à sa place. Cependant, cet investissement est bénéfique à long terme : l’enfant gagne en compétence, en confiance et en sérénité.


Accompagner sans faire à la place

Développer l’autonomie dès le plus jeune âge, c’est offrir à l’enfant la possibilité de devenir acteur de sa vie, à son rythme et en sécurité. Ce processus demande de la confiance, de la patience et un regard bienveillant de la part des adultes.En adaptant l’environnement, en respectant le rythme de l’enfant et en valorisant ses efforts, les parents posent les bases d’une autonomie solide, étroitement liée à l’estime de soi et au plaisir d’apprendre.


Pour aller plus loin

Lectures

  • Maria Montessori — L’enfant

  • Erik Erikson — Enfance et société

  • John Bowlby — Attachement et perte

  • Catherine Gueguen — Pour une enfance heureuse

Podcasts

  • Les adultes de demain — épisodes sur l’autonomie et le développement

  • La Matrescence — parentalité et développement de l’enfant

  • Parentalité Bienveillante

Sources scientifiques

  • Erikson, E. H. (1963). Childhood and Society.

  • Montessori, M. (1949). The Absorbent Mind.

  • Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss.

  • Gueguen, C. (2014). Pour une enfance heureuse.

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). Intrinsic motivation and self-determination.

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